L’Occident doit s’unir pour lutter pour les droits humains

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Les droits de l’homme semblent inexistants dans le monde d’aujourd’hui. C’est parce que les démocraties du monde ne se battent pas pour cela.

Alors que les dictatures du monde semblent toujours se soutenir mutuellement, les démocraties du monde ne font pas de même lorsqu’il s’agit de défendre leurs propres valeurs fondamentales telles que les droits de l’homme et la primauté du droit. Trop souvent, nous renonçons à nos responsabilités morales, et parfois juridiques, par souci de pragmatisme, et parfois par pure cupidité pour les pétrodollars.

Prenez notre relation avec l’Iran, par exemple.

Cet été, le religieux ultra-dur Ebrahim Raisi a pris ses fonctions de président. Il est répertorié par les principaux groupes de défense des droits humains comme l’un des principaux auteurs du massacre de milliers de prisonniers politiques en 1988.

À l’époque, Raisi était procureur adjoint de Téhéran, lorsqu’il a été chargé par le guide suprême, l’ayatollah Khomeini, de faire partie d’une commission de la mort qui a envoyé des prisonniers à la potence après des simulacres de procès qui n’ont duré que quelques minutes.

Dans un décret, Khomeini a ordonné l’élimination de tous les prisonniers politiques affiliés au principal mouvement d’opposition, les Moudjahidine du peuple (OMPI ou MEK) qui restaient attachés au groupe, qui a été déclaré être « Mohareb », ou en guerre contre Dieu. Raisi et d’autres membres de la Commission de la mort ont été chargés de déterminer quels prisonniers étaient encore déterminés.

Les survivants du massacre de 1988 ont estimé le nombre de victimes à plus de 30 000. Ils ont été enterrés dans des fosses communes dans ce qui s’apparentait à des crimes contre l’humanité et, selon certains experts juridiques, à un génocide.

Les auteurs n’ont jamais été tenus pour responsables. Au contraire, beaucoup ont été promus à des postes supérieurs.

Avant de devenir président, Raisi était le chef du pouvoir judiciaire de l’Iran. Sous son règne, la justice et les forces de sécurité ont lancé une répression brutale contre des manifestants pacifiques en novembre 2019, tuant environ 1 500 manifestants et dissidents antigouvernementaux et en détenant et en torturant des milliers d’autres en toute impunité.

La communauté internationale est en partie responsable de la montée de cette impunité. En septembre 2020, sept rapporteurs spéciaux de l’ONU ont annoncé que l’incapacité des organes de l’ONU à réagir au massacre de 1988 avait « enhardi » les autorités iraniennes à commettre de nouvelles violations des droits humains.

Pour tenter de contester cette impunité, quelque 152 anciens fonctionnaires de l’ONU et experts internationaux renommés des droits de l’homme et du droit ont écrit en mai 2021 au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, appelant à une commission d’enquête sur le massacre de 1988.

Les signataires comprenaient un ancien haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, un ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies, 28 anciens rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les droits de l’homme et les présidents des précédentes commissions d’enquête des Nations Unies sur les violations des droits de l’homme en Érythrée et en Corée du Nord. Parmi les éminents professionnels du droit qui ont signé l’appel figuraient l’ancien procureur en chef des Tribunaux pénaux internationaux des Nations Unies pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, un ancien procureur spécial du Tribunal spécial pour le Liban et le premier président du Tribunal spécial des Nations Unies pour la Sierra Leone.

Dans le même temps, Amnesty International, dans une déclaration du 19 juin, a réaffirmé que Raisi avait joué un rôle clé dans le massacre de 1988 et qu’il devrait « faire l’objet d’une enquête pour son implication dans des crimes passés et actuels au regard du droit international, y compris par des États exerçant une compétence universelle ».

Le 29 juin 2021, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, Javaid Rehman, a ajouté sa voix à la mêlée, appelant à une enquête indépendante sur les exécutions ordonnées par l’État de 1988 et le rôle joué par Raisi en tant que député de Téhéran. procureur. Rehman a déclaré que son bureau était prêt à partager les témoignages et les preuves rassemblés si le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ou un autre organisme mettait en place une enquête impartiale.

Plus récemment, le 4 août, le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées, dans un rapport au Conseil des droits de l’homme, a appelé à une « enquête internationale » sur le massacre de 1988.

Il incombe désormais aux principales démocraties du monde, y compris l’UE et les États-Unis, de contester l’impunité dont jouissent les responsables iraniens.

En juillet dernier, Janez Jansa, le Premier ministre slovène, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, a annoncé le soutien de son pays à une commission d’enquête de l’ONU. Malheureusement, le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a rapidement éloigné le bloc des 27 nations de cette position, déclarant que Bruxelles poursuit une politique iranienne «équilibrée».

Cette rétractation honteuse était une musique aux oreilles des mollahs. Cela envoie un signal à l’Iran, et au reste du monde, que malgré tous ses discours sur les droits de l’homme, l’UE est prête à fermer les yeux lorsque des régimes assassinent leurs propres citoyens.

Il est temps pour l’Europe de mettre fin au « business as usual » avec le régime de tueurs de masse qui dirigent l’Iran.

Au lieu de cela, le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) devrait utiliser ses pouvoirs en vertu de la loi Magnitski pour imposer des sanctions strictes contre les auteurs du massacre de 1988 en Iran. La Slovénie ne devrait pas être la seule voix de l’UE à soutenir l’appel à la responsabilité des experts de l’ONU. Il est temps que les 26 autres membres de l’Union européenne demandent une commission d’enquête de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées de 1988 (en Iran). L’UE doit enfin montrer qu’elle est prête à lutter pour les droits de l’homme.

La source: www.neweurope.eu

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