Emmanuel Macron a dit que nous ne sommes rien, mais la France ouvrière a montré de quoi nous sommes faits

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La ligne de Macron date de 2017, juste après son entrée en fonction. Il a dit : « Les gares sont des endroits où l’on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. C’est une chose extrêmement violente à dire. Il ne dit pas les gens qui ne font rien — les chômeurs, par exemple. Il ne dit pas, les gens qui n’ont rien – les pauvres. Il dit, des gens qui ne sont rien. Leur existence même n’a aucune valeur, aucune importance. Cela nous apprend quelque chose sur la vision de Macron : les gens ne sont que des numéros. Il ne reconnaît pas l’humanité des gens qui ne lui ressemblent pas. J’ai immédiatement reconnu cette phrase comme sa description des gens comme moi.

Bien sûr, l’austérité et le néolibéralisme en France n’ont pas commencé avec Macron. Mais ce qui caractérise vraiment son mandat, c’est le mépris. Ses commentaires sur fainéantsque « pour avoir un boulot, il suffit de traverser la rue », ce sont des propos violents, qui ont sans doute contribué à provoquer les grandes révoltes de ces dernières années.

C’est ce que j’ai voulu montrer dans ce livre : face à ce mépris, et à ce pouvoir d’en haut, il y a des gens qui se sont soulevés, qui ont résisté et qui ont montré qu’ils n’étaient pas “rien” — les sans-papiers de l’agence Chronopost d’Alfortville , le comité pour Adama Traoré [a young black man killed by police]les femmes [mostly cleaning workers] à l’hôtel Ibis des Batignolles. Ce sont des femmes qui ont vécu l’immigration, qui sont au carrefour de tant d’oppressions, et qui pourtant se sont organisées et se sont levées contre le groupe Accor. Ils n’ont pas baissé les bras et ont obtenu 95 % de leurs revendications !

J’ai voulu que ce livre soit une invitation à la réappropriation politique, avec deux aspects. Le premier, en tant qu’histoire d’éducation politique, était de montrer que ce n’est pas parce qu’on n’est pas allé à Sciences Po qu’on ne peut pas comprendre les enjeux de la société dans laquelle on vit, ou qu’on ne peut pas s’organiser politiquement. Le deuxième aspect est plus journalistique : je voulais raconter comment des gens normaux – ceux, selon Macron, qui ne sont « rien » – ont refusé la simple résignation, avec une dignité et une force incroyables. Non seulement les Français qui se sont mobilisés depuis 2017 ont découvert une remarquable capacité de résistance. Ils ont découvert une capacité à proposer une autre façon d’organiser leurs quartiers, leurs lieux de travail et la société.



La source: jacobinmag.com

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