La Révolution française en dîner-théâtre

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Je me souviens à peine de ce qu’était la révolution américaine. Une Constitution en a résulté, pour protéger les propriétaires, et, à la dernière minute, un os de chien pour la plèbe bruyante, appelé le Bill of Rights. La twittersphere était née, la fumée des armes à feu était dans l’air. On peut dire que le premier citoyen à mourir pour la nouvelle cause était un homme noir nouvellement libéré nommé (natch) Crispus Attucks. En tant que garçon de Boston grandissant, j’ai vendu des journaux à l’extérieur de la gare près de la Old State House où Crispus en a pris un pour l’équipe.

La Révolution française, entre 1889 et 1899, je m’en souviens encore moins. Fromages de tête roulés. Marie-Antoinette. Guy O Tines a ensuite joué pour Les Habs. On m’a dit que le chahut a éclaté à la Bastille lorsqu’on a découvert que le marquis de Sade – qui, la tête dans le cachot, écrivait abondamment sur la « luxure dans son cœur » – avait été transféré dans un autre asile. Toutes les grandes fumeuses avaient quelque chose de gentil à dire sur de Sade – Michel Foucault, Camille Paglia, Susan Sontag. Michel Onfray, cependant, était au contraire, mon frère, en disant, dans Wikipédia, que “c’est intellectuellement bizarre de faire de Sade un héros…” Robespierre. Antonin Artaud a joué Marat dans la scène de la baignoire d’une production du Théâtre de la Cruauté. Ma prof de français au collège faisait sûrement partie de la Nouvelle Vague, une truffe Truffault qu’il vaut la peine de renifler après, et j’ai reniflé, épris d’elle à chaque courbure émouvante, alors qu’elle mettait “Tous les garçons et les filles” de Françoise Hardy sur le tourne-disque – même les égratignures étaient sexy. J’ai finalement retrouvé cette prof de français dans sa nouvelle forme, Feist, en chantant “1234”. Personnellement, je pense qu’il est temps que nous prenions d’assaut les Salauds qui volent. Égalité ! Fraternité ! Liberté!™.

Tout cela est le prélude, bien sûr – à quelque chose. Je regardais récemment le film français, Délicieuse (2021). Ça doit être ça. J’ai vraiment apprécié et je vais vous dire pourquoi. Le casting, bien qu’inconnu pour moi car je ne regarde pas beaucoup de films français en ce moment, était ravissant. Il a été réalisé et co-écrit par Éric Besnard, peut-être connu en Occident pour son travail dans le véhicule Jason Statham, Colère de l’homme (2021) Délicieuse met en vedette Grégory Gadebois dans le rôle du chef Pierre Manceron qui a joué le rôle de Charlie dans une version française de Fleurs d’Algernon (“Ils servent aussi ceux qui ne font que balayer et polir”, était le slogan de l’affiche, tel que je l’ai traduit.); Isabelle Carré dans le rôle de Louise, son côté cuisine et son inspiration ; Benjamin Lavernhe (La dépêche française, 2021) dans le rôle de Le duc de Chamfort, sac à gaz et trou du cul enflammé et raison individuelle d’une révolution bien fessée. C’est un ensemble de tension fine. Ils se tapent sur les nerfs et on s’en régale. Trouver?

Tout commence agréablement bourgeois. Le chef Pierre a préparé un festin — en ce qui me concerne — pour les âges. Une somptuosité débordante. Détails du jour. Meunière jusqu’au yinyang. Ce type va dans des endroits. Tout le monde semble satisfait de la nourriture servie. Mais, ô surprise, quelqu’un n’aime pas le petit plat de pommes de terre hors menu. Qu’est-ce que c est? Et le petit plateau bourgeois s’affaire. Un petit fonctionnaire religieux prend hautainement ombrage des frites de la liberté qui sont mortes pour sa langue libérée. Et puis cette assiette et ça et ça jeté comme une bouillie d’Hugo. Ce qui était un accomplissement gastronomique quelques instants auparavant est désormais l’esprit les misérables. A l’étage vont les plats délicieux. Des excuses sont nécessaires. Et comme le dit le scénario IMDB :

France, 1789, juste avant la Révolution. Avec l’aide d’une surprenante jeune femme, un chef limogé par son maître trouve la force de se libérer de sa position de domestique et ouvre le premier restaurant.

Jeu sur la bourgeoisie !

On pourrait penser que le duc laisserait Pierre seul, l’ayant humilié et lui ayant fait regretter d’avoir jamais évoqué son festin, soigneusement chorégraphié pour que le spectateur s’assure de sortir nos iPhones et de rechercher un bon restaurant français à proximité du théâtre . Le toucher gratuit de son genou à côté de vous s’ensuit; vous lui montrez le menu ; elle vous serre un peu en arrière et vous fait taire plutôt agréablement – vous pensez que son sourire a une promesse enfermée dans les lèvres rouges. Mais non. Le duc n’a pas fini. Il veut chat et souris. Le chef continue la cuisine légère, pensant que le duc finira par manquer son copain de palette et le réembauchera. Mais non, il aspire à être conduit à la guillotine, au prix.

Une jolie femme au chômage (Louise) se présente à sa porte en voulant être son apprentie. Il n’est pas impressionné par ses mains, qui semblent avoir connu peu de travail, mais elle presse, elle pétrit le travail et le travail la pétrit, elle supplie. Elle est mystérieuse. Il est intrigué. Et puis il est excité. Puis elle le rebute sans le polir au préalable. Ensuite, il l’aime vraiment – ​​tout l’esprit – l’intégrité, l’honnêteté et le véritable intérêt pour sa posture d’art culinaire pour l’art. Elle parvient à enlever la bouderie de son visage et l’engage comme apprentie. Ensemble, ils ouvrent une sorte de relais routier pour les voyageurs allant et venant de Paris. Les délicieux sont faits. La parole sort. Pourquoi, même le duc snob est ressaisi et envoie des émissaires pour faire dresser Pierre et Louise un faste à l’arrêt. Ils lui préparent un festin, sûrs que cela le convaincra de le réembaucher. Le jour arrive dans toute sa splendeur accumulée. Et le prix royale passe à côté comme si le relais routier n’était pas là. Quel dédain !

Et puis il s’avère que Louise, qu’il a maintenant couchée dans un lit de duvet avec des oreillers d’eider, a quelque chose à cacher. Ce n’est pas quelque chose que le chef veut entendre. Il part, lalalalala, se tenant les oreilles. Lui dit de se faire foutre. Il y a plus, mais cela entre en territoire de spoiler. Quiz rapide, lecteur : Que pensez-vous qu’il se passe ensuite ?

Non, j’ai aimé le film. Cette idée de l’ouverture du “premier” restaurant, consacré à l’éducation des sens du hoi polloi et du hootie tootsies, tables séparées mais égales, m’a plu pour les besoins gustatifs et j’ai adoré le cadre (tables d’extérieur) et la joie qui était tout autour de. Rayons lumineux comme le pain frais fumant pour le plus grand plaisir de tous. Quand tu as vu qu’ils traitaient les pauvres et les soldats et les filles du Moulin Rouge en vacances de la même manière que les merdes pédigrées qui devraient mourir dans la révolution à venir, des larmes de circonspection ne se sont-elles pas levées dans tes yeux, mon vieux ?

Bien sûr, nous savons maintenant comment tout cela a fonctionné. Mais cela aussi serait un spoiler, si je vous rappelais ce que vous savez déjà. J’ai regardé le film deux fois. Essayé d’abord en français, comme un poseur. Cela m’a rappelé – à propos de la neige mouillée jaune, où un dogmatique, avec une pomme de discorde, s’était récemment trouvé, la vapeur montant toujours en points d’interrogation – la visite de Mark Twain en France, en tant que jeune yankee hayseed du Connecticut, et a fait remarquer sur les faibles compétences linguistiques des habitants, notant que lorsqu’il commandait quelque chose sur le menu, la serveuse ne semblait pas connaître sa propre langue. La crêpe minable n’était pas la crêpe qu’il avait commandée quand il a pointé la photo en pensant cela. Je pense que si vous achetez la prémisse facile du conte étant un signe avant-coureur de choses de classe désagréables à venir, vous pouvez vous installer assez bien à côté de la mystique féministe avenante avec laquelle vous êtes. Simone de Bourgeois, marmonnez-vous, sa rotule au creux de la main.

je ne dirais pas Cours pour le voir, car il est en streaming. Vous allez trébucher. Mais il pourrait être amusant de commander des victuailles à, disons, Patisserie Chanson, et, si vous avez de la chance, Feist et son équipe se présenteront à votre porte avec la livraison et vous aurez un spectacle avant le film – Un, deux, trois, quatre.

Hautement recommandé.

Source: https://www.counterpunch.org/2022/06/08/the-french-revolution-as-dinner-theater/

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