Les arguments en faveur de la paix et de la réconciliation en Éthiopie

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La guerre civile fait rage en Éthiopie depuis plus d’un an maintenant, entre les Forces de défense nationale du gouvernement éthiopien et des milices rebelles comptant quelque 250 000 combattants de la région nord du Tigré, les « TPLF ». Cela a laissé une traînée de mort, de faim, de destruction et de catastrophe humanitaire dans le pays.

Les combats ont commencé par une frappe préventive du TPLF contre les forces armées fédérales le 3 novembre 2020, pour tenter de s’emparer d’armes militaires. Cela a été rapidement annulé par l’armée nationale éthiopienne et des contrôles ont été introduits sur les télécommunications et l’utilisation d’Internet dans la région du Tigré, rendant difficile pour les journalistes internationaux d’établir les faits sur ce qui s’est passé depuis. Les villes et les territoires ont changé de mains au cours de l’année écoulée, alors que les fortunes des champs de bataille ont basculé d’abord dans un sens, puis dans l’autre.

Le conflit a forcé plus de deux millions de personnes à quitter leur foyer, selon des estimations approximatives

100 000 morts à la fois militaires et civils. Les hostilités sont devenues une source d’extrême préoccupation pour la communauté internationale, inquiète pour la sécurité régionale dans la Corne de l’Afrique instable. Le voisin du nord de l’Éthiopie, le Soudan, a profité de la situation chaotique pour s’emparer des terres d’une partie du territoire éthiopien à la frontière.

Récemment, le TPLF a intensifié sa rhétorique hostile, indiquant clairement qu’il a l’intention de continuer à chercher à utiliser des moyens militaires pour atteindre ses objectifs et de refuser tout dialogue pacifique. Essentiellement, le différend concerne un conflit sur l’équilibre du pouvoir régional et l’incapacité des deux parties à faire les compromis nécessaires pour un règlement négocié pacifique qui élimine leurs différences politiques. Les analystes militaires ont suggéré que les deux parties sont à égalité sur le terrain et que toute confrontation armée est susceptible de se terminer par une impasse. De façon réaliste, s’il doit y avoir une résolution du différend, les deux parties doivent être forcées à la table de conférence

De son côté, le gouvernement national a décrété l’état d’urgence nationale le 2 novembre pour une durée de 6 mois, afin de lui permettre de maîtriser la situation. Les Nations Unies et l’Autorité intergouvernementale pour le développement, un bloc de pays d’Afrique de l’Est, ont toutes deux appelé à un cessez-le-feu immédiat. Mais une fois cette étape acceptée par les protagonistes, la fin de la guerre civile nécessitera un dialogue national inclusif sur la façon de restructurer le fédéralisme dans le pays et résoudre un différend sur le partage des rapports de force politiques dans le contrôle des territoires.

Les efforts américains et européens pour faire pression sur les parties respectives et les manœuvres diplomatiques impliquant le Conseil de sécurité de l’ONU ont échoué. L’Union africaine et les États africains voisins ont également de plus en plus appelé à une résolution pacifique du conflit, mais des propositions de paix doivent encore émerger. La première priorité devrait être d’arrêter les combats, et pour toutes les parties d’arrêter l’action militaire et de cesser les querelles dans les médias. Les infrastructures clés de la région du Tigré doivent être réparées et la libre circulation de la société civile, des journalistes, des organisations d’aide humanitaire et d’autres acteurs internationaux doit être restaurée.

L’issue de tout dialogue sur la manière de restructurer les rapports de force entre le gouvernement fédéral et les régions ne doit pas être l’otage des négociations. Mais il est essentiel que les principaux protagonistes s’engagent à respecter la nécessité d’obtenir une solution par le biais d’un processus démocratique, et non par la force des armes.

Peut-être qu’un dialogue pacifique pourrait être facilité par des observateurs civils internationaux objectifs et impartiaux issus des voisins de l’Éthiopie et de la grande famille internationale des nations ? Leur rôle serait de coordonner les initiatives de paix et de réconciliation et de promouvoir les efforts nécessaires pour reconstruire les zones endommagées par la guerre. La sélection de ce groupe devrait être approuvée par les principales forces politiques.

Le gouvernement fédéral a d’ailleurs annoncé son intention de lancer un tel dialogue. Ils ont également inclus d’anciens détenus politiques dans la structure gouvernementale à la suite des élections de juin. Il est important que la communauté internationale, en particulier l’Union européenne, soutienne activement les efforts du gouvernement fédéral qui s’est engagé dans un processus démocratique. Ils devraient également condamner absolument et sans exception toutes les tentatives des forces politiques concernées d’exploiter des méthodes belligérantes qui utilisent les munitions plutôt que les urnes pour trancher les divergences d’opinion.

Il ne s’agit pas d’attribuer le blâme ou de prendre parti dans le conflit, c’est un principe fondamental selon lequel la gouvernance démocratique doit primer dans la résolution du différend. Les perdants ultimes de toute guerre civile sont les citoyens de tout le pays. L’Éthiopie a déjà plus qu’assez souffert de cette crise, et il est temps d’arrêter les chiens de guerre et de faire venir les émissaires de la paix et de la réconciliation.

La source: www.neweurope.eu

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